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Alternatives humanitaires : Entre souffrance des populations, profiteurs et spéculateurs : la lutte contre la faim est une bataille contre l’ordre établi
2024
Voir la revue «Alternatives humanitaires»
Depuis cinq ans, la faim est repartie à la hausse et les crises alimentaires se multiplient. En 2022, 828 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde, soit quarante-six millions de plus qu’un an auparavant. D’après le rapport 2023 sur les crises alimentaires du Programme alimentaire mondial, on dénombrait cinquante-huit crises alimentaires dans le monde en 2022 et 258 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aigüe, c’est-à-dire en incapacité d’accéder
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physiquement et économiquement à une nourriture suffisante, saine et nutritive. La sous-nutrition, qui implique un retard de croissance, une malnutrition aigüe et des carences multiples, demeure la cause de près de la moitié des décès des enfants de moins de cinq ans. En dehors même des situations de crise aigüe, trois milliards de personnes n’ont pas accès à un régime alimentaire sain. L’insécurité alimentaire, autrefois triste apanage des pays pauvres ou en guerre, touche de manière croissante les pays industrialisés. Quelque 16 % des Français déclarent ne pas manger à leur faim et vingt-six millions d’Américains souffraient de la faim en 2020. Au même moment, comme l’ont rappelé les manifestations paysannes, début 2024, dans plusieurs pays européens, les agriculteurs et les éleveurs qui produisent notre alimentation sont largement marginalisés et exploités par des politiques publiques qui profitent aux grands groupes agroalimentaires et à leurs actionnaires.
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